L’impact de notre alimentation sur les animaux : comprendre pour agir

Depuis toujours, nos choix alimentaires ont été influencés par la disponibilité de la nourriture, par nos traditions et habitudes culturelles et par nos préférences gustatives.

Avec la nutrition moderne, nous avons découvert que la nourriture n’était pas qu’un simple carburant, mais un véritable levier pour préserver notre santé.

C’est pourquoi nous avons progressivement adapté ce que nous mangeons pour mieux prendre soin de nos corps.

Aujourd’hui, nous savons aussi que notre alimentation ne concerne pas seulement notre santé ou notre plaisir de manger. Elle a des répercussions profondes sur les droits humains, l’avenir de la planète et, bien sûr, sur la vi

e des animaux.

Pourtant, 70 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour notre consommation, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Derrière ce chiffre vertigineux se cachent des vies, des émotions et une souffrance souvent invisible, bien loin de l’image idéalisée d’animaux gambadant librement dans les champs.

Et si nous prenions un moment pour réfléchir à cette réalité ?

Comment nos choix alimentaires influencent-ils directement la vie et la mort des animaux ? Quelles alternatives s’offrent à nous pour réduire cet impact et mieux prendre soin des animaux ?

Dans cet article, nous allons explorer les conséquences de notre alimentation sur les animaux, les pratiques d’élevage, et les solutions pour adopter une alimentation plus respectueuse.

L'impact de notre alimentation sur la vie et la mort des animaux

En moyenne, un Français consomme au cours de sa vie (1) :

  • 7 vaches
  • 9 moutons
  • 33 cochons
  • 1300 poulets

… sans compter les veaux, agneaux, canards, dindes, lapins, poissons ou encore fruits de mer.

Chaque jour en France, plus de 3 millions d’animaux d’élevage (terrestres et aquatiques) sont abattus, dont 2 millions de poulets et 200 000 poissons et crustacés d’élevage. (2)

Soit environ 35 animaux tués chaque seconde !

Et ce chiffre n’inclut pas :

  • les millions de poissons et crustacés sauvages pêchés chaque jour par la flotte française
  • les animaux abattus à l’étranger dont les produits sont importés (30 % de la viande consommée en France est importée)

Ces données montrent l’ampleur de notre impact sur la vie animale et l’importance de repenser notre alimentation.


Au-delà des vies sacrifiées, la souffrance animale est une réalité bien souvent méconnue, parce que souvent cachée – par les filières d’élevage, les distributeurs, les médias… – mais aussi ignorée par les consommateurs, qui, par différents biais cognitifs, ne veulent pas toujours voir la réalité en face.

Pour répondre à une demande toujours croissante en produits d’origine animale et en prix toujours plus bas, la majorité des animaux proviennent d’élevages intensifs.

En France, plus de 8 animaux abattus sur 10 proviennent d’élevages intensifs où le bien-être animal est relégué au second plan face à la productivité et la réduction des coûts.

Dans les élevages industriels, la priorité est donnée à la productivité et à la réduction des coûts, au détriment du bien-être des animaux.

Les conditions de vie sont marquées par :

  • Le confinement, sans accès à l’extérieur.
  • Une densité de population excessive, limitant les mouvements naturels.
  • Des environnements dépourvus de stimulation, créant des comportements anormaux ou agressifs.

Bien que des réglementations existent pour certaines espèces, comme les cochons, les poules pondeuses, les poulets de chair et les veaux, elles restent insuffisantes pour assurer un véritable bien-être.

Pour d’autres espèces comme les lapins, les canards, les dindes et les poissons, les conditions sont laissées à la seule appréciation de la filière d’élevage.

Voici quelques exemples frappants de ces conditions de vie :

  • 79% des poulets de chair vivent dans des hangars sans lumière naturelle et surpeuplés, avec jusqu’à 22 poulets par mètre carré – soit moins des trois-quarts d’une feuille A4 par individu ! (3)
  • 53 % des poules pondeuses sont élevées en cages (catégorie 3 sur l’étiquetage des œufs) ou au sol (catégorie 2), sans aucun accès extérieur et sans jamais voir la lumière du jour. Leur espace se limite à une ou deux feuilles A4 par poule. (4)
  • 95% des cochons vivent sur des sols ajourés conçus pour évacuer les déjections, sans accès à l’extérieur et sans matériaux pour les stimuler. (5)

L’enfermement, la promiscuité et le manque de stimulation génèrent du stress et des comportements anormaux ou agressifs entre congénères.

Pour y pallier, plutôt que d’améliorer leurs conditions, des pratiques de mutilation sont autorisées.

Elles sont réalisées la plupart du temps sans anesthésie, comme :

  • l’écornage (bovins, ovins) pour éviter les blessures des éleveurs
  • l’épointage du bec (poules, poulets, dindes, canards) pour éviter le picage entre congénères.
  • La coupe de la queue (cochons) pour prévenir les morsures entre congénères.

Ces pratiques, sources de stress intense et de douleur, et invisibles pour nous consommateurs, sont pourtant systématiques dans les élevages intensifs.

Comprendre les conséquences de nos choix alimentaires sur les animaux

Les animaux d’élevage sont abattus bien avant leur espérance de vie naturelle :

  • les poules pondeuses sont abattues dès 18 mois, lorsque la fréquence de ponte décline, alors qu’elles pourraient vivre jusqu’à 8 ou 10 ans.
  • les vaches laitières, qui sont inséminées pour produire du lait en continu et séparées de leurs petits dès la naissance pour récolter le lait (6), sont envoyées à l’abattoir lorsque leur production de lait commence à décliner, c’est-à-dire à l’âge de 3 à 7 ans, bien loin de leur espérance de vie de 20 ans. (7)
  • les veaux mâles, qui ne produiront donc pas de lait, sont envoyés dès 8 à 15 jours dans des élevages de production de viande où ils seront majoritairement abattus à l’âge de 6 à 8 mois. (8)

Les conditions d’élevage sont si dures qu’une part importante des animaux n’atteint même pas l’abattage :

  • En France, en 2022, près de 4 % des poulets de chair élevés en intensif n’ont pas survécu et ce taux monte à près de 7% dans les élevages de dinde (9)
  • En moyenne, un porcelet sur cinq (20 %) meurt entre la naissance et le sevrage (10)
  • Un quart des lapins (26 %) ne survit pas jusqu’à l’âge d’abattage (11)

Ces chiffres soulignent à quel point les conditions de vie en élevage intensif sont inadaptées.

Le transport vers l’abattoir et l’abattage représentent une ultime épreuve pour les animaux, souvent marquée par :

  • Des trajets longs, dans des camions surchargés, sans eau ni nourriture.
  • Un stress intense pendant l’attente dans les abattoirs.
  • Des étourdissements parfois mal réalisés, laissant certains animaux conscients au moment de leur mise à mort.

Même dans les meilleures conditions, les animaux subissent des niveaux élevés de stress et de peur.

Souvent oubliés dans le débat sur la souffrance animale, les animaux marins sont une partie importante de l’industrie alimentaire.

La pêche représente une hécatombe invisible et silencieuse :

  • 1000 à 2000 milliards de poissons sont pêchés chaque année. (12)
  • Les méthodes de pêche, comme le chalutage, détruisent les habitats marins et capturent accidentellement des millions d’animaux non ciblés (dauphins, tortues, oiseaux de mer).

Nous savons maintenant que les poissons, crustacés (crabes, crevettes, langoustes…) et céphalopodes (poulpe, calmars, seiches…) ressentent également la douleur, la peur et le stress. (13)

Pourtant, dans les fermes aquacoles, les poissons sont fréquemment élevés dans des espaces surpeuplés, où les blessures et les maladies sont monnaie courante.

Et ils continuent de subir des méthodes de pêche et d’abattage brutales qui les exposent à une souffrance importante, soit remontés trop rapidement des fonds marins, soit laissés agonisant à l’air libre, soit tués sans étourdissement.

Impacts de notre alimentation : Souffrance des poissons et crustacés, les grands oubliés de la souffrance animale

Il existe des modèles d’élevage plus respectueux où les animaux ont accès à l’extérieur et peuvent exprimer leurs comportements naturels.

À l’opposé de l’élevage intensif, l’élevage extensif permet par exemple aux bovins de paître dans des prairies ouvertes et aux volailles d’explorer des aires de parcours en plein air. Les animaux disposent également de plus d’espace dans les bâtiments.

On les repère généralement par des labels comme Label rouge ou des certifications comme AB – Agriculture biologique.

Si ces pratiques peuvent améliorer le bien-être animal en comparaison avec les élevages intensifs, elles restent rares et ne concernent qu’une petite part des produits animaux.

Et elles ne résolvent pas les pratiques problématiques que sont :

  • la question fondamentale de la mise à mort de l’animal, nécessaire à la production de chair animale dès lors que l’on veut manger de la viande ou du poisson.
  • l’abattage extrêmement précoce :
    même dans les élevages labellisés ou biologiques, les animaux sont tués bien avant leur espérance de vie naturelle.
    Par exemple, un poulet biologique ou Label rouge est abattu vers 3 mois, contre 1 à 2 mois pour les élevages conventionnels.
    C’est un argument de vente pour ces filières, mais en y réfléchissant bien, compte tenu de l’espérance de vie des poulets, 3 mois au lieu de 1 ou 2 ne fait quand-même pas une grande différence… (14)
  • Les mutilations, également autorisées dans l’élevage biologique, bien qu’elles soient plus réglementées ou limitées dans certains cas. (15)
  • la séparation des veaux et des mères : cette pratique courante, même en bio, reste une source de stress significatif.
  • les conditions de transport et d’abattage :
    elles y restent proches de celles des élevages intensifs, avec des temps de transport et d’attente plus réduits, mais toujours des souffrances liées au stress et aux blessures.
Les conséquence de notre alimentation sur la souffrance animale

Pour réduire la souffrance animale tout en répondant à nos besoins nutritionnels, il existe plusieurs alternatives.

Réduire ou éliminer les produits d’origine animale de son alimentation est une solution simple et directe pour réduire la souffrance animale et préserver des vies.

Chaque repas sans viande ou poisson est une vie épargnée.

Et chaque repas entièrement végétal (sans œuf ni produit laitier) est une action concrète pour réduire la souffrance animale.

Et en réduisant la demande de viande, de lait, d’œufs et de poissons, nous contribuons à réduire directement le nombre d’animaux élevés et tués chaque année.

Par exemple, diminuer de moitié sa consommation de produits d’origine animale est une action à la portée de tous qui permettrait d’éviter de nombreuses souffrances et d’épargner des milliers de vies animales tout au long d’une vie !

Et également de prendre soin de votre propre santé !

Si l’on souhaite continuer à consommer de la viande, des œufs, du lait ou du poisson, il est possible d’opter pour des produits issus d’élevages plus responsables.

Les labels « bio », « Label Rouge » ou « plein air » offrent des conditions de vie plus respectueuses, même si elles ne sont pas parfaites.

En augmentant la demande de ce type de produits, on encourage ainsi le développement d’élevages plus respectueux des animaux.

Une grande quantité de viande produite est gaspillée chaque année.

Mieux planifier ses repas, conserver les produits correctement et éviter le gaspillage permet de réduire le nombre d’animaux élevés et sacrifiés pour rien.


Prendre conscience de l’ampleur de la souffrance animale dans l’industrie de l’alimentation est une première étape vers un monde plus respectueux des animaux.

En modifiant nos habitudes alimentaires et en faisant chaque jour des choix plus réfléchis, nous avons un impact immédiat et profond sur l’existence et le bien-être de millions d’animaux.

Si nous ne pouvons pas tout changer du jour au lendemain, chaque geste est important.

Réduire la consommation de viande, privilégier des produits issus de filières plus respectueuses et réduire le gaspillage sont autant de moyens d’agir directement pour ceux qui ne peuvent pas choisir pour eux-mêmes.

Il est temps de faire des choix alimentaires en conscience. Changer le monde, c’est aussi changer ce que l’on met dans notre assiette.

Alors pourquoi ne pas vous orienter dès maintenant une alimentation plus végétale ?

Faites un premier geste en téléchargeant le guide gratuit 2 minutes pour composer une assiette végétale équilibrée et découvrez la méthode simple et visuelle pour équilibrer tous vos repas végétaux sans y passer des heures !


Références :

  1. Viande : Manger moins manger mieux – WWF (2019)
  2. Animaux abattus en France (L214 – 2023)
  3. Rapport d’activité – Itavi (2023)
  4. Élevages alternatifs : la France en avance en Europe – CNPO (2022)
  5. L’élevage porcin en systèmes alternatifs : atouts et défis en termes de bien-être animal, biosécurité, santé animale et sécurité sanitaire | INRAE Productions Animales (2023)
  6. Les veaux sont séparés de leur mère dès la naissance : VRAI ou FAUX ? – Chaire bien-être animal (2024)
  7. Vache de réforme – Wikipédia
  8. Veau – Wikipédia
  9. Performances techniques et coûts de production en volailles de chair – Itavi (2022)
  10. Santé et bien-être de la truie gestante et du porc en croissance – INRAE Productions Animales (2021)
  11. L’élevage des lapins de chair en France – Résultats technico-économiques 2022 – Itavi
  12. Estimating global numbers of fishes caught from the wild annually from 2000 to 2019 – Animal Welfare | Cambridge Core
  13. Opinion of the Scientific Panel on Animal Health and Welfare (AHAW) on a request from the Commission related to the aspects of the biology and welfare of animals used for experimental and other scientific purposes – EFSA (2005)
  14. Volailles fermières Label Rouge : un élevage différent
  15. Produire en agriculture biologique – Chambre d’agriculture de Nouvelle Aquitaine (2022)

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